Quelle énergies pour l’Europe ?

Le Bilan désastreux de la transition énergétique accélérée voulue par Berlin

Aujourd’hui les experts sont en mesure de dresser le bilan des huits première année de la transition accélérée’ voulue par Berlin et il est  désastreux. Tout le projet est en train de dérailler écrit le Spiegel.

Exagéré? L’Allemagne a investi depuis 2010 plus de 30 milliards par an dans le basculement et l’on prévoit une facture globale de plus de 500 milliards à l’horizon 2025 –pour partie constituée de subventions et crédits publics, pour le reste financé par les ménages et les entreprises sous forme de hausse de prix. Une étude chiffre même à plus de 3.000 milliards d’euros (oui, 3.000 milliards!) les investissements requis d’ici à 2050, si l’Allemagne persiste dans son intention d’accroissement de la part du solaire et de l’éolien dans son mix énergétique. Des sommes faramineuses. Or, le résultat est spécialement déprimant: malgré les centaines de milliards déjà mis sur la table, les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne sont au même niveau… qu’en 2009.

Selon l’institut  Sapiens, la comparaison des  projets de transition électrique  entre l’Allemagne et  celui du RU (Royaume Unis) montre clairement l’echec de l’ »energiewende «  un projet baclé et  en revanche le succès d’un projet pragmatique au Royaume-Uni

En termes de réduction des émissions, la Figure 32 démontre sans ambiguïté l’échec de l’ENERGIEWENDE et le succès de la stratégie britannique. Elle s’avère d’autant plus pertinente que l’éolien est plus efficace au Royaume-Uni (2,5 TWh/GW contre 1,9 TWh/GW en Allemagne) alors que le solaire est à peu près identique (0,95 TWh/GW). En moyenne, le taux de charge des renouvelables au Royaume-Uni est de 23% (Figure 31 – droite) contre 17% en Allemagne (Figure 29 – droite). Si les Britanniques n’ont pas échappé à une augmentation des tarifs, le prix du kWh (0,19 €) y est toutefois bien inférieur à celui de l’Allemagne (0,3 €/kWh).

Les britanniques ont très rapidement misé sur une taxe carbone pour fermer leurs centrales à charbon et réintroduire massivement le gaz dans leur mix énergétique et ce sans pour autant réduire la part du nucléaire. En 2017, le charbon ne représentait plus que 7% du mix contre 40% pour le gaz, 21% pour le nucléaire et 18% pour les renouvelables. Les résultats en termes de GES sont sans appel : les britanniques on réduit depuis le début du siècle leurs émissions de 30%.

En revanche pour les Allemands le fantasme de la transition énergétique avec  la volonté de continuer d’accroitre les énergie renouvelables tout en réduisant drastiquement le nucléaire (-7%) a conduit au renforcement du charbon (+4%) beaucoup plus économique que le gaz (-4%) sur la période 2010 à 2014. Le mix électrique allemand 2017 (Figure 12) se composait ainsi de 37% de charbon, 22% d’ENR, 13% de gaz et 12% de nucléaire. Ce fantasme  fait place aujourd’hui  à la gueule de bois de quoi refroidir l’enthousiasme écolo béat des dix dernières années.

Le projet européen de transition énergétique doit être le résultat  d’un examen plus rationnel du rapport coût –avantage de chaque énergie  et du bien fondé de la « transition »

Une transformation du système électrique  Européen et MONDIAL basée sur un mix Gaz,  Nucléaire  et  énergies renouvelables  permettrait de réduire les émissions de CO2 de manière significative  à un coôt acceptable pour l’humanité.

Auteur : Bernard-Michel Carnoy

Belge, ingénieur civil chimiste de l’Université de Liège, Master in Engineering, Economics & Design de Cornell University (USA), et ancien conférencier Université de Paris, Panthéon-Assas II.

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